1968, des Gadzarts au Pakistan

Déjà en 1968, les Gadz’Arts de la promotion Cluny 66 avaient lancé une opération humanitaire. Disposant de bien moins de moyens mais de tout autant de motivation que maintenant, ils étaient partis à bord d’une vieille camionnette remplie de matériel scolaire et médical, pour un périple de 21 000 km jusqu’au Pakistan. Guy Giraud nous raconte…

« En 68, avec mes quatre camarades, peu intéressé par les grèves, nous avons décidé de nous lancer durant les vacances dans une grande aventure, les grèves ayant l’avantage de nous laisser du temps libre.

Pour débuter, ce fut l’achat d’une maigre camionnette des PTT, d’un modeste financement. Nous avons également pris contact avec des anciens de la région et dont les entreprises ont pu fournir gratuitement pneumatiques, pièces de rechange et même médicaments.

Ensuite, en bon élèves ingénieurs mécaniciens et bricoleurs, ce sera la préparation véhicule (changement d’une boite de vitesses douteuse, aménagement en camping car). Ensuite vint la vérification de tous les papiers nécessaires. Tout étant prêt, mi-juillet, ce fût le départ.

Italie, Yougoslavie, Bulgarie, Turquie, Iran, Afghanistan, Pakistan. Nous ne pourrons pas aller plus loin car il faut faire le chemin inverse pour rentrer à temps.

Voyage émaillé d’incidents de tout type, crevaisons, pannes mécaniques, vite réparées mais  la plus dure fut une suspension cassée sur les pistes en tôles ondulées d’Iran et dans une zone quasiment désertique. Par chance, un routier sympa s’est arrêté et nous a fait comprendre qu’il a de quoi réparer, c’est-à-dire des cales en bois et du gros fil de fer. La technique est surprenante mais efficace.

Le voyage fût aussi agrémenté de paysages et de villes ou édifices magnifique, despersonnages agréables, de fêtes ou costumes surprenants.

Notre voyage avait aussi un but technique qui portait sur l’aménagement du fleuve Indus. Nous séjournerons quelques jours dans une maison d’une équipe d’ingénieurs. Il est maintenant temps de revenir car nous avions pris du retard suite à un vol de passeport à Kaboul.

Tout ce que nous avons vu et vécu reste gravé dans ma mémoire. Pendant tout le voyage, l’entente entre nous 5 fut totale et fraternelle

En chemin, nous avons eu à traverser une petite rivière en crue, après de Chalon sur Saône, avec une route inondée sur quelques mètres et là nous sommes resté bloqués. En fait après avoir traversé plusieurs gués pendant notre périple nous nous sommes noyés dans un verre d’eau ! Ce fût grâce à un paysan en tracteur que nous avons pu repartir.

Nous avons bien ri lorsque, quelques jours après, nous avons lu dans la presse locale un article nous concernant :

Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage et… se retrouve bloqué dans la campagne chalonnaise «